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 Le courage à deux mains pour défendre la finance

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droper
Je m'enhardis
Je m'enhardis
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Date d'inscription : 19/03/2013

MessageSujet: Le courage à deux mains pour défendre la finance   Mer 20 Mar 2013 - 13:00

L'honnête homme que voici ! On croirait Franklin Allen, professeur de finance et d'économie à la prestigieuse Wharton School (université de Pennsylvanie), descendu sur terre tout exprès pour réhabiliter l'image du financier en ces temps de crise. Ce brave universitaire s'est retrouvé l'autre jour à la Cass Business School, l'école de commerce de la City, comme David contre Goliath. L'hérétique tout menu, tout frêle avec une drôle tête d'oiseau qui lui donne une impression d'extraterrestre, s'est fait le chantre "musclé" des métiers de l'argent.

Au cours d'une conférence intitulée "La finance est-elle une source de progrès ?", l'expert a bataillé ferme pour défendre "[son] industrie" contre ses détracteurs. "La finance a certes une face cachée, mais c'est d'abord une grande force de création de croissance. Si vous voulez une activité économique soutenue, il faut un secteur financier en bon état de marche. Or, l'outil est aujourd'hui cassé."

C'est un fait, la finance a été le fer de lance de la nouvelle économie. "Business angels", incubateurs, capital-risqueurs sont issus des places boursières. La haute technologie en a été le premier bénéficiaire, comme en témoigne le développement des Google, Facebook ou Microsoft. Par ailleurs, la City comme Wall Street ont oeuvré à la création de produits financiers destinés à protéger l'environnement, à l'instar du négoce des quotas de CO2. Dernier exemple, le secteur de la santé a bénéficié de l'ingénierie financière et des modèles mathématiques de simulation.

Dans ces circonstances, insiste Franklin Allen, la réglementation à l'ordre du jour des deux côtés de l'Atlantique n'est pas une panacée. Les régulations régionales, nationales ou internationales visant à limiter la prise de risque, à imposer une transparence accrue des transactions et à encadrer les bonus des dirigeants sont excessives.

Le conférencier reconnaît que le lobby bancaire est en partie responsable de cette dérive : "Les financiers ont capturé le gouvernement et les régulateurs, ce qui n'est pas très sain." Mais il ne voit pas en quoi les seigneurs de l'argent ont failli à l'éthique ou à la morale sauf dans les cas d'escroqueries avérées. Les banques, dont personne ne peut se passer, ne sont pas toutes à mettre dans le même sac.

C'est une façon de voir les choses que ne partage pas l'auteur de ces lignes. Le plaidoyer pro domo de l'Américain est toutefois courageux. Car, plus de cinq ans après le début de la crise des subprimes, les banquiers britanniques sont toujours muets. Dans les débats, la gent financière pratique la politique de la chaise vide. Les hiérarques sont aux abonnés absents. Les spéculateurs ont pris la clé des champs. Les rares prêts à hisser les couleurs de la profession - banquiers de détail ou alchimistes des fusions-acquisitions - parlent sous cape. Il y a aussi les anciens opérateurs bourrés de remords qui "crachent dans la soupe" des ex-copains restés au pays avec un art consommé de la repentance.

La première place financière européenne avait bien besoin de cette intervention tonique. Les coups pleuvent comme jamais sur la cuirasse de la "Vieille Dame permissive", qui longtemps a pu ignorer avec un mépris souverain les attaques. Tous les grands noms sont dans le collimateur de la justice que ce soit à propos de la manipulation du taux interbancaire Libor, des délits d'initiés à répétition ou des affaires de blanchiment de l'argent sale.

Libéral bon teint, Simon Walker, responsable de l'Institute of Directors, l'une des deux organisations patronales britanniques, a dénoncé le comportement des banques qui " porte préjudice au capitalisme". "La valeur à l'actionnaire a été détruite. Les bonus énormes sont toujours octroyés. C'est inacceptable", conclut-il. Le 15 mars, le Sénat américain a auditionné des protagonistes du scandale de "la Baleine de Londres", surnom de Bruno Iksil, trader chez JP Morgan Chase, jugé responsable d'au moins 6 milliards de dollars (4,6 milliards d'euros) de perte à la suite de paris ratés sur des credit default swaps (CDS, produits financiers ultrasophistiqués). Ces auditions ont mis en exergue l'absence totale de contrôles et la cupidité régnant au sein de la filiale britannique de la banque d'affaires américaine.

Heureusement, dans cette grisaille londonienne, une bonne nouvelle : l'arrivée dans la City de la maison franco-suisse Edmond de Rothschild par le truchement d'une petite banque d'affaires privée. Ce fleuron de la finance genevoise entend reprendre le flambeau des défuntes merchant banks anglaises. Warburg, Barings, Schroders, Cazenove, Fleming ou Kleinwort Benson ont disparu dans la foulée du big bang, la déréglementation tous azimuts de 1986.

Il ne reste aujourd'hui plus qu'un nom, le digne établissement NM Rothschild & Sons, la banque d'investissement regroupant les intérêts des cousins français et britanniques. Il n'existe aucun lien capitalistique ou d'affaires entre N. M. Rothschild et la société Edmond de Rothschild. Deux autres "boutiques", comme on appelle ces modestes acteurs, ont d'ailleurs récemment élu domicile à l'ombre de la cathédrale Saint-Paul. Visiblement, la nouvelle génération de mini merchant banks entend faire la nique aux grandes enseignes.

Et si la forte devise des Rothschild - "intégrité, industrie, concorde" - remplaçait l'étendard emblématique de la City, les deux griffons à la tête d'aigle et au corps de lion enserrant dans leurs griffes un bouclier ? Où serait le problème ? La City va mal et les Rothschild prospèrent.
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