Merci pour ces liens, vraiment très intéressants.
Habitant la campagne, je connais bien le problème de la consommation d'énergie par les agriculteurs, c'est pratiquement insoluble s'il y a baisse de l'offre de pétrole.
Il y a quelques années j'avais visité une ferme céréalière dans la champagne bourbonnaise, près de Moulins-sur-Allier.
Plus de cent hectares de surface pour cette exploitation, tenue par un seul agriculteur. Un seul poste de travail pour rentabiliser cette grande terre, mais à quel prix.... Hypermécanisation: plusieurs hangars sous lesquels stationnent de nombreux engins de taille impressionnante, des silos à grain, la cuve de mazout pour remplir les réservoirs de carburants, etc.... Et un budget où les dépenses les plus importantes sont celles liées aux remboursements des emprunts pour les tracteurs et machines, et les achats d'engrais.... car du fait de la mécanisation, il fallait, sur cette exploitation où il y avait une seule personne à rémunérer (
au SMIC-le chef d'exploitation ne pouvait pas se payer plus), "booster" la production avec des apports d'engrais chimiques, pour tenter de produire 90 quintaux de blé à l'hectare et plus.
Alors qu'il y a cinquante ans, sur 100 ha de terre, il y avait trois belles fermes d'une trentaine d'hectares faisant vivre trois familles sur la base d'une production de 35 qx/ha, maintenant, on n'y trouve qu'une exploitation tenue par un agriculteur surendetté.
Cet endettement pour s'acheter du matériel atteint d'ailleurs ses limites, car, pour du blé, même sur de la bonne terre, on ne peut passer de 90 qx à 100 qx par ha qu'en ajoutant des "intrants" (comme disent les agriculteurs) dont le surcoût est égal à l'augmentation du chiffre d'affaires induit.... donc le bénéfice n'augmente plus.
La situation est donc très tendue pour les agriculteurs qui font de l'intensif: une augmentation du prix du fuel mis dans les tracteurs ou des sacs de "NKP" (nitrate-potassium-phosphore) et c'est le clash, pour eux.
Il n'y a pas de solution à part revenir en arrière, à une agriculture extensive: moins de tracteurs, moins d'exigence sur le rendement d'un champ, plus de main d'oeuvre, plus de bétail laissé en stabulation libre; mais quel retour en arrière!
Or il y a quatre fois plus de gens à nourrir qu'il y a quelques décennies, si je ne me trompe.
Ce qui risquera de se passer c'est que la nourriture redeviendra chère (il y a un siècle, le budget nourriture était élevé en pourcentage du budget familial, on reviendra à cela, sans doute).
Ceux qui ont compris sont ceux qui se sont mis à l'agriculture biologique mais les rendements sont faibles, il faut le savoir: les parcelles avec de la mauvaise herbe ont des résultats parfois très faibles en quantité.
Signe des temps: il y a depuis quatre ou cinq ans un foisonnement d'associations de promotion des machines hippomobiles pour l'agriculture: on prépare les années futures..... Voir par exemple ce lien:
http://www.codeart.org/technique/agriculture/charue/charue%20fabrication_fr.htm
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Animatrice sur dérivés. Sur boursorama, mon pseudonyme est 56529597